6 mois d’expérimentation 

À Toulouse (comme à Nice) Radio France et France Télévision ont mis en place le 7 janvier 2019 des matinales radio filmées entre 7h et 8h40. 


France Bleu a refait le décor de son studio et France 3 est chargé d’illustrer les reportages et chroniques. Formation maquillage pour les personnels à l’antenne, un éclairage plus vif que dans un studio classique et peu à peu des regards caméra pour concerner les téléspectateurs sans jamais oublier l’auditeur. Un exercice différent mais une énergie intacte. 

Pas facile de dire au revoir aux téléspectateurs à 8h39’50 alors que l’émission continue en FM. J’ai opté pour un coucou à la main et un « bonne journée en BLEU ». Le matin on a pour habitude de dire bonjour et d’accueillir sans jamais refermer une séquence. On va de l’avant, on fait des teasings car l'auditeur arrive quand il veut à l’écoute. 

Les chroniques enregistrées sont « recouvertes » par des clips avec des mots en lien avec la séquence. Pendant la diffusion des disques, des images de la région occupent l’écran et pendant les pubs radio ces mêmes drones en musique masquent les promos. Des photos d’auditeurs sont aussi sollicitées pour accompagner les écrans non payants.

C’est un éditeur visuel qui est chargé de régler les 5 caméras, écrire les bandeaux d’info et incruster les noms des intervenants. Les caméras automatiques réagissent au son de la voix. Un savoir-faire unique : celui du technicien radio qui doit mettre en ondes l’émission de radio et rester vigilant en fermant les micros pour passer en plan large. Cette gymnastique est une nouvelle compétence pour chacun. Ça peut paraître simple tout ça, mais notre métier a évolué. Le changement a du bon, il nous permet de toucher des nouveaux publics. L’audience télé est un vrai succès. 

Apres 16 ans de matinale c’est passionnant de se réinventer et c’est surprenant de voir qu’en choisissant un vêtement ça peut faire réagir autant. Fier aussi d’avoir pu mettre en place des émissions spéciales dans l’urgence comme avant et que la prouesse technique des monteurs rendent possible la mise en image de l’actualité de la nuit. 

J’ai pu jouer avec l’image sans empiéter sur le rendu radio. Oui nous avons appris à composer avec tel ou tel bug technique. C’est ça aussi l’expérimentation. Je vois d’ici nos concurrents dire que ce n’est pas de la télé, que c’est imparfait, mais j’entends aussi tous ces occitans qui ont pris l’habitude de nous regarder désormais. J’ai animé ces émissions quotidiennes avec le coeur en faisant du mieux possible malgré la fatigue en gérant la pression et parfois les incompréhensions. C’est un défi du quotidien de rendre fluide une émission où le contenu est la base de tout. C’est encore plus compliqué de penser au rendu de l’image. Nous n’avons pas d’assistant plateau ou de maquilleurs ou de costumier Lol. On fait avec les moyens octroyés dans un contexte de réduction budgétaire. Toujours le sourire et ravi d’avoir au moins la reconnaissance de nos auditeurs et téléspectateurs. 

J’ai envie de vous emmener dans les coulisses pour vous dire à quel point nous avons un énorme plaisir à vous réveiller dans une zone d’écoute élargie. J’au eu le plaisir d’ouvrir France Bleu Toulouse. Me voilà diffusé dans 7 départements à la radio sans oublier notre fréquence à Agen (qui nous permet d’informer la population en cas d’incident nucléaire à Golfech dans le Tarn-et-Garonne). À la télévision vous nous regardez même dans les Hautes-Pyrénées alors que France Bleu Occitanie n’y a pas de fréquence. L’obsession de la proximité est au centre de notre programme mais la météo n’est pas la même dans les Pyrénées ou dans le Lot. L’info trafic n’a pas le même impact à Toulouse ou à Rodez. Les idées sorties ne sont pas identiques à Castres, Albi, Montauban ou dans le Gers. C’est à tout cela qu’il faut penser en écrivant l’émission que vous aimez. Les jeux doivent s’ancrer dans nos territoires et cela demande pas mal de recherches. 

En 2022, les 44 France Bleu auront leur matinale filmée sur France 3. D’ici là, c’est Lille et Guéret qui s’apprêtent à vivre cette mutation. Pour ma part je suis ravi de reprendre du service en septembre. Notre service public est beau. Il est utile à la vie de nos concitoyens et j’en mesure chaque jour la responsabilité. Il y a tous ces pro que vous n’entendez pas à l’antenne, du standard au régisseur, de la gestion à la rédaction, la com et la direction. Je fais partie du service programme et je suis très content de porter chacun de nos rendez-vous avec conviction. Un travail d’équipe. Animer c’est donner la vie. Et je suis joyeux à l’idée d’être l’animateur de vos petits matins. Merci de votre fidélité et à très vite. On est bien ensemble, au bon endroit.