WORDS

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde", Albert Camus.

Lancé sur internet mi-janvier par le secrétariat d'Etat à la Francophonie, le concours "Francomot", dont les résultats viennent d'être annoncés (mardi 30 mars), proposait aux étudiants de trouver des traductions innovantes pour cinq termes anglais enracinés dans le langage courant: "buzz", "chat", "tuning", "newsletter" et "talk".

C'est un jury présidé par Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française, et composé d'une dizaine de personnalités, dont les chanteurs MC Solaar et Sapho, qui a sélectionné ces traductions un peu déroutantes. "Ramdam" est un un mot d'origine arabe signifiant tapage et vacarme "à cause de la vie nocturne bruyante pendant le ramadan", précise le dictionnaire. Le bolidage ou l'éblabla (au lieu de "chat"), ça ne prendra jamais, ça sonne faux et c'est ridicule!", assène Emmanuel Ferri, 16 ans, jeune visiteur du Salon du livre de Paris. Le défi, et non le challenge, c'est justement de faire adopter un équivalent français par le grand public et les professionnels, comme ceux de l'informatique. Informatique est d'ailleurs un néologisme inventé en 1962 par le Français Philippe Dreyfus. Les Québécois, au contact permanent de l'anglais, y excellent. Ce sont eux qui ont instauré avec succès la Toile pour le web ou les courriels pour les emails. Mais leur proposition de pourriels pour les spams a été rejetée par l'Académie française. Certains mots font aussi des allers-retours, comme "tunnel" emprunté par les Anglais au français "tonnelle" pendant le révolution industrielle et qui a ensuite retraversé la Manche. "L'usage est souverain et ne se décrète pas. On ne peut pas prédire l'avenir d'un mot", conclut Xavier North, à la tête de la Délégation générale à la langue française, dépendant du ministère de la Culture.